L'AUTEUR
Régis MACKE est cadre
bancaire de profession. C’est un passionné, un amoureux de la vie, de la nature
et des belles choses. Inconditionnel de sa verdoyante Flandre natale, il lui
consacre ce livre, dans un style sans détour. Il est également l’auteur d’un
précédent ouvrage aux éditions Voix du Nord « D’entre mer et terre ».
Présentation de l'ouvrage
:
Dans les
années d’extrême misère qui ont marqué le règne de Louis XIV, il ne fait pas bon
pour une jeune femme d’être belle, cultivée, de surcroît guérisseuse et…
maîtresse attitrée du médecin du village.
Il faut
trouver un bouc émissaire aux innombrables maux qui ruinent les campagnes et
déciment les hommes et les bêtes. En 1702, Marie-Jeanne Harley, alors âgée de 22
ans, originaire de Boeseghem en Flandre du Sud, fut condamnée pour avoir usé de
sortilèges. C’est son histoire qui a inspiré ce roman fort, rude et puissant à
l’image du peuple de Flandre.
L’auteur
nous offre un roman envoûtant où le suspense tient le lecteur en haleine. Après
avoir été refermé, ce livre continuera de
vous poursuivre longtemps.
Extrait :
Comme l’avait laissé entendre le soldat, Marie-Jeanne fut
d’abord transférée à la prison d’Hazebrouck en attendant que s’organisent
les modalités de son exécution publique. Seule dans une cellule sombre, elle
fut néanmoins correctement traitée. Benoît, le gardien qui lui avait été
affecté, semblait la craindre. Il n’aimait pas trop cette histoire. Pensez
donc, une sorcière, ici dans la prison où depuis tant d’années, il ne voyait
passer que des gens normaux. Ben ! oui quoi ! Voleurs ou assassins, certes,
mais normaux quand même. Des gens à qui on pouvait couper la langue s’ils
avaient calomnié ou la main s’ils avaient volé. Mais une sorcière, une
jeteuse de sorts… quel châtiment pouvait-on lui réserver si ce n’est la hart
et le bûcher ? Il l’observa longuement par le judas de la porte de sa
cellule. Elle était prostrée, assise sur sa paillasse, la tête basse,
maigre, sale et pouilleuse. Elle ne mangeait pas et buvait à peine. Il y
avait néanmoins quelque chose dans son attitude qui lui fit penser qu’elle
avait dû être belle et intelligente. Il avait croisé ici toutes les
perversions de la terre. Rien dans ce qu’il percevait de la personnalité de
sa prisonnière ne lui permettait de penser qu’elle fût une abominable
sorcière et une non moins abominable jeteuse de sorts.
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