VISIONS D'UN JARDIN ORDINAIRE
de Lucien et Josiane SUEL

  • 48 pages - format 16 x 23 cm

  • ISBN 2-914327-00-5

  • EAN13 : 9782914327008 - Attention ce titre est épuisé

  • Prix public TTC : 8,99 €

  • Récit poétique – 19 Photographies Noir et Blanc

  • Sélectionné par l'Éducation Nationale pour être étudié en cycle 3

  • Dépôt légal : juin 2000
     

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Lucien et Josiane Suel inaugurent les Editions Marais du Livre avec Visions d’un jardin ordinaire où sont rassemblés pour la première fois leurs travaux respectifs. Inspiré par les photos de Josiane, Lucien écrit ses poèmes. Présentés en vis-à-vis, textes et photographies forment une poésie du jardinage. Ces Visions d'un jardin ordinaire sont un appel à la contemplation et à la célébration. Plus encore, la rigueur et la joie qui les ont forgées, la simplicité de leurs sujets invitent à un rapport au monde où se révélerait enfin l'urgente nécessité de la poésie, une poésie incarnée et vivante, permanente et presque immédiate, la dernière porte d'accès à la richesse de ce qui est.

Lucien Suel, poète ordinaire est né à Guarbecque (Pas-de-Calais). En 1967, il découvre les auteurs américains de la "Beat Generation" (Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs). Il publie ses propres traductions de William Burroughs, Peter Orlovsky, Charles Bukowsky… dans le magazine The Starscrewer. Il participe à de nombreuses expositions d'Art postal. A la fin des années 80, il inaugure l'écriture justifiée, des vers comptant chacun le même nombre de signes typographiques disposés en colonnes. C'est en écriture justifiée qu'il réalise en 1998 La Justification de l'abbé Lemire publié aux éditions Mihaly. (sur le web)

Extrait :

"Les saules têtards montent la garde à la frontière ouest du jardin. La belle saison va leur rendre leur camouflage de verdure argentée. Ils n’ont pas une forme naturelle. C’est l’homme qui les forme, l’homme qui leur donne une tête, une grosse tête pleine de bosses. Dans la terre, ils n’étaient d’abord qu’une simple brindille, une branche flexible, un scion taillé chaque année. Le saule s’obstine à repousser, à cicatriser. Le caractère se forme. La tête enfle pour porter le chandelier de feuilles dans le ciel de juin. Tout est bon chez lui. Le saule, le cochon du jardin. Feuilles compostées. Rameaux, tipis des haricots et des petits pois. Vieux saule devenu terreau, il nourrit les géraniums. Mais le saule adulte se redresse à hauteur d’homme. Le jardinier lui caresse très doucement sa grosse tête. Le saule vit. Le saule résiste. Ses feuilles luisent comme des épinoches parmi les étoiles."

Le livre a été écrit à l'origine en vers justifié, chaque vers comptant 37 caractères chacun, aucun mot ne pouvant être artificiellement coupé. L'extrait précédent aurait donné ceci :

Les saules têtards montent la garde à
la frontière ouest du jardin La belle
saison va leur rendre leur camouflage
de verdure argentée Ils n’ont pas une
forme naturelle C’est l’homme qui les
forme l’homme qui leur donne une tête
une grosse tête pleine de bosses Dans
la terre ils n’étaient d’abord qu’une
simple brindille une branche flexible
un scion taillé chaque année Le saule
s’obstine à repousser à cicatriser Le
caractère se forme La tête enfle pour
porter le chandelier de feuilles dans
le ciel de juin Tout est bon chez lui
Le saule le cochon du jardin Feuilles
compostées Rameaux tipis des haricots
et des petits pois Vieux saule devenu
terreau il nourrit les géraniums Mais
le saule adulte se redresse à hauteur
d’homme Le jardinier lui caresse très
doucement sa grosse tête Le saule vit
Le saule résiste Ses feuilles luisent
comme des épinoches parmi les étoiles

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